C.R.A.Z.Y.
Synopsis :
Zachary Beaulieu, quatrième fils d'une famille de cinq garçons, naît le jour de Noël, échappant de peu à un destin fatal. Il nous raconte son histoire, de son “avènement” dans les années 60 au début de sa vie d'adulte dans les années 80, au milieu d'une famille catholique traditionnelle du québec. De sa complicité infantile avec son père jusqu'au mal-être de son adolescence, lié à sexualité, en passant par son premier pétard, ses bêtises d'enfant, son rôle de bouc émissaire familial, c'est sa quête du bonheur - et celle de sa famille - qu'il nous raconte tout au long de ce film.
Du rire et des larmes
Rien ne nous est épargné : des blagues de potache aux allusions salaces des parents, des silences cruels du père aux crises familiales éprouvantes, le spectateur en voit de toutes les couleurs, pour son plus grand plaisir. La salle rit à pleins poumons, essuye quelques larmes, parfois les deux en même temps : ce film sous ses allures de tranche de vie banale arrive à toucher en plein coeur, et c'est d'abord ce qu'on en retient en sortant du cinéma : on a passé un moment fort et agréable.
Zac est un garçon sensible dès son plus jeune âge, fils à maman aux pseudo-dons de guérisons télépathiques en lesquels sa mère tient absolument à croire, autant qu'en son bon Dieu qu'elle respecte profondément. Son père voit d'un très mauvais oeil l'évolution de son garçon : il craint qu'il ne devienne une fif' - terme québecois, diminutif de fifille, traduit par pédé dans les sous-titres du film. Et c'est là le début des ennuis pour le jeune Zac...
Ce personnage, auxquels certains ont reproché qu'il ne laissait pas assez percevoir son mal-être, est en réalité criant de vérité. Son homosexualité rejetée dès le plus jeune âge bien qu'évidente même pour lui, son silence et sa conduite quasi-exemplaire à l'adolescence, la difficulté même tardive de s'avouer la vérité en font un personnage bien ancré dans la réalité, moins flamboyante qu'on nous l'a parfois montrée, moins catastrophique qu'on nous l'a souvent dépeinte.
La relation de Zac avec son père, placée au coeur d'une bonne partie du film, est fondamentale. D'abord parce qu'elle est la cause des maux de tous : de Zac qui souffre de voir son père le rejeter, et de Gervais, le père, bien intentionné mais touché en plein dans son grand coeur par la peine que lui cause la sexualité de son fils, pour qui il veut tout le bonheur du monde, tout son bonheur du monde, et on y croit.
Cette histoire est une belle histoire, car c'est une histoire qui pourrait être vraie, et dont ont été sélectionnés les moment les plus importants, tous ceux qui n'étaient pas assourdissants de silence au sein de cette famille sympathique qui nous est présentée. Comme je le disais plus haut, c'est une histoire triste et c'est une histoire drôle. C'est une histoire de famille en somme, avec ses frères chahuteurs, ses parents maladroits et affectueux, ses enfants qui apprennent très vite cette vie qui n'est pas un long fleuve tranquille.
À travers quelques époques clés de la vie de Zac, on arrive à cerner cette famille Beaulieu sans longueur malgré les deux heures dix de bande. Les acteurs sont touchants, simples, forcent rarement le trait. Les différentes époques traversées dépaysent ceux d'entre nous qui ne les ont pas vécues, autant que l'accent et les expression québecoises imagées. “Meuh me traite pas de fif' toi le sans-dessin”, avouez que c'est plus croustillant que “Me traite pas de pédé connard” !
Si l'éloge que j'ai fait de ce film jusqu'ici n'est pas évidente, je concluerai simplement en disant qu'il est formidable et qu'il serait bien dommage de le manquer.
Point de vue
Cette histoire m'a énormément touché, car c'est un peu mon histoire. De la prise de conscience précoce et refoulée de ma sexualité jusqu'à son acceptation tardive sous forme de révélation, en passant par les problèmes de fratrie, le meilleur père du monde qui n'arrive pas à encaisser le coup, qui bougonne et qui ronchonne sans arrêt alors que son coeur est en or, la séduction de filles “garçons manqués”, les chansons de tapette braillées dans ma chambre à l'adolescence, j'ai beaucoup de points communs avec ce personnage de Zachary Beaulieu.
Au-delà de l'émotion de se retrouver à quelques détails près sur la toile, je suis ressorti de la salle avec une belle impression de sérénité : toutes ces petites choses qui avaient rendu ma vie si difficile mises bout-à-bout ne forment peut-être, finalement, qu'un ensemble émouvant et riche d'enseignements pour la vie à venir.
Les réponses à ce post
Réponse de Nico :
Je vis actuellement au Québec où C.R.A.Z.Y. est sorti l'an dernier.
Je l'avais trouvé exceptionnel et chaque fois que je le regarde (j'ai le DVD), jeme dis que c'est un film que tout le monde devrait voir!
Il a raflé tous les prix au Canada et au Québec et il les mérite!
J'aurais une question: il paraît que le film est sous-titré... C'est vrai? Tout du long ou juste les expressions purement québécoises?
Posté le 24/05/2006 à 16h07
Réponse de Tidus :
Nico >> Oui, le film est sous-titré. Toutes les phrases ne le sont pas, seulement celles qui sont à l'évidence imbitables pour un "français de France" - on croit s'y habituer en écoutant Lynda Lemay, well that's not even close ! Donc toutes les phrases avec des mots inconnus, où des mots sont prononcés avec des syllabes manquantes ou rajoutées, toutes ces phrases sont sous-titrées.
Posté le 24/05/2006 à 17h11
Réponse de Nico :
Oui Lynda Lemay a un bel accent québécois, mais utilise très peu de mots typiquement québécois dans ses textes, sauf dans «La leçon de québécois»...
En arrivant ici, il m'a fallu un bon mois pour pouvoir comprendre totlament certains de mes collègues, et au bout de 2 ans, j'apprends encore régulièrement de nouvelles expressions!! Mais aussi j'en utilise maintenant aussi 
Posté le 24/05/2006 à 17h40
Réponse de noemie
il est trop bo!!!! trop bo!!!! danxs ma chambre jé 13 posters de lui !!!!!!!!!!!!!
Posté le 27/05/2006 à 12h34







